« Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s’empoisonnent [1] » 
 

La limite de l’inconfort
 
Ce travail est l’aboutissement d’un processus par étapes, qui a d’abord consisté en la réalisation de séries restreintes, notamment autour des gouffres et plus largement sur le paysage. Il m’a semblé évident, par la suite, de les regrouper afin que le corpus prenne sens.
Avec ce projet, mon intention est de rendre compte de la complexité des rapports qui nous lient aux paysages, de proposer une interrogation critique sur la relation de l’homme contemporain à son environnement. En effet, je souhaiterais ici que l’on considère le paysage non seulement comme un point de vue à contempler, mais aussi comme un espace vivant, une entité qui, au gré de changements complexes, inspire une certaine retenue ; une invitation à la prudence. L’hostilité n’est pas franche, elle y est insidieuse.
 
Mes images fonctionnent comme des découpes opérées dans l’environnement, une saisie subjective doublée d’une construction culturelle dans laquelle l’homme est sous-entendu. Ce sont des images mentales et, par conséquent, intimes. « L’expérience du paysage n’est pas seulement visuelle, elle mobilise d’autres sens, et le corps tout entier [2]. »
Il m’apparaît nécessaire de s’affranchir d’une restitution d’un espace rationnel, qui provoque une mise à distance de la « nature », pour rentrer dans la texture du paysage. Je ne souhaite pas rendre compte d’un état, mais plutôt faire un pas de côté, proposer un point de vue qui se détache du sujet et amène à une contemplation réflexive.
 

[1] Guillaume Apollinaire, Alcools, Paris, Gallimard, 1944, p. 31.
[2] Michel Collot, « Horizon et panorama », J’aime les panoramas, Marseille/Paris, MUCEM/Flammarion, 2015, p.199.


<  >
 

 

<  >
 

 

<  >
 

 

<  >
 

 

<  >
 

 

<  >
 

 

<  >
 

 

<  >
 

 

<  >
 

 

<  >
 

 

<  >
 

 

<  >
 

 

<  >
 

 

<  >
 

 

<  >
 

 

<  >
 

 


<  >
 
loading